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 Accueil > Astrologie & Co. > Fantômes : SOS Maison

Notre fascination pour le surnaturel peut-elle s'accommoder de la recherche scientifique ? Des savants enquêtent.

Le 15 août 1998, dans l'église du petit village de Delain, en Haute-Saône, une ampoule se détache mystérieusement de la nef et vient s'écraser aux pieds de quelques fidèles médusés. D'abord les paroissiens plaisantent mais les "phénomènes" se multiplient. Une coupelle de bougies voltige, une statut de saint François-Xavier longe les murs de l'édifice, un siège s'écrase contre un pilier. Très vite, les villageois commencent à invoquer les "manifestations du malin". Les gendarmes bloquent l'accès à l'église hantée. Le curé fait alors appelle à un exorciste. La presse s'en mêle. Mais le diable n'était pas celui que l'on croyait. Rien de satanique dans tout ça : seulement un jeune maire, Thierry Marceaux, avide de taquineries...

Victimes de l'au-delà

"On ne peut pas lui en vouloir, explique Yves Lignon "LE" scientifique du fantomatique. L'attirance pour le merveilleux est le propre de tout être humain". Depuis 27 ans, le professeur Lignon dirige le Laboratoire de parapsychologie de Toulouse. Le spécialiste des tables tournantes, des maisons hantées mais aussi démystificateur des supercheries en tous genre, c'est lui. Chaque année, son équipe vole au secours de dizaines de personnes convaincues d'être victimes de l'au-delà.

"Les gens sont souvent très déçus lorsqu'on leur offre une explication compatible avec l'état de la science. Je me souvient du cas typique de cette femme qui ressentait des vibrations inhabituelles dans sa maison. Elle n'avait pas fait le lien avec la centaine de camions qui passaient tous les jours devant sa porte !"

Muriel Ellena n'a pas souhaité faire appelle au SOS fantôme français. Pourtant cette femme de 46 ans prétend que sa maison a été occupée par "une chose" jusqu'en 1993, l'année où elle décida de l'exorciser elle-même.

"Je suis athée et cartésienne. Pendant 6 ans, ma maison a été imprégnée d'une odeur de cadavre insupportable. Il y avait des coulées de boue inexplicables dans le plafond. J'ai même été personnellement blessée par un coup de couteau". De son aventure surnaturelle, Muriel en a tirée un livre La Maison au bord du canal.

Cinq cas inexpliqués

"Je ne peut pas porter de jugement sur cette histoire, explique le professeur Lignon. Le seul témoignage que nous ayons étant le livre écrit par une romancière professionnelle. Nous avons bien tenté de rencontrer Muriel Ellena, mais elle a refusé. Les gens qui ont véritablement vécus une expérience paranormale n'ont pourtant rien a craindre de nous..."

Depuis la parution du livre, Muriel est constamment contactée par des inconnus en quête de sensationnel. Les fantômes ne seraient-ils que l'objet de fascination de passionnés en manque d'émotions ? "Certainement pas, s'insurge Yves Lignon. Aujourd'hui, avec l'expérience que nous avons, ne pas se poser la question de l'existence des fantômes relèverait de l'irrationnel".

Parmi les centaines de cas étudiés par l'Institut, 5 seulement demeurent complètement inexplicables. "Ainsi cette affaire qui s'est déroulée à Montpellier. Dans une maison, on entendait des coups sourds très forts. Notre groupe a exploré 23 hypothèses basiques qui auraient pu expliquer ce phénomène. En vain. Aujourd'hui, je reste persuadé d'avoir entendu le "gong de l'enfer".