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mardi 16 avril 2002 |
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Soixante ans plus tard, l'île de Ré se débarrasse de ses épaves BORDEAUX de notre correspondant régional Que l'on arrive à l'île de Ré par le bac ou par le pont, les sept épaves qui affleuraient à marée basse au sud de la pointe de Sablanceaux, face au port de La Pallice, faisaient tellement partie du paysage que personne n'avait jamais songé à les enlever. C'est la tempête de décembre 1999 qui a tout changé, lorsque, l'été suivant, quelques nappes de mazout ont fait surface. La colère populaire a tout de suite mis en cause les pétroliers qui font escale à La Pallice. Ils dégazaient sauvagement la nuit. C'était fâcheux à proximité de la première plage de La Rochelle et à quelques encablures du premier bassin ostréicole de France. Le vrai coupable fut vite trouvé. Il s'agissait du Foucauld, un paquebot de 146 mètres de long et 18 mètres de large. Détruit par les Allemands lors de l'attaque du port de La Pallice, en 1940, le bateau avait été ensuite sabordé au sud de la pointe de l'île de Ré. Et comme les Allemands étaient pressés de libérer leurs bassins en eau profonde pour les navires de guerre et les sous-marins, ils se sont aussi débarrassés d'un gros cargo, l'Adamantios, de deux remorqueurs, d'un chaland, La Tortue, et d'une drague, La Repentie. Pour Loïc Charbonnier, directeur du service maritime de l'équipement dans la Charente-Maritime, les assauts de la tempête de 1999 ont ébranlé les parois verticales du bateau et provoqué des fissures. Le réchauffement de l'été aurait provoqué l'écoulement du mazout. Des plongeurs ont formellement identifié l'origine de la pollution. Il restait environ 400 mètres cubes de mazout dans les ballasts du Foucauld. Les plans du bateau, retrouvés au Musée de la Marine, ont permis de le localiser avec précision. Après isolement du site, la décision fut prise d'effectuer un nettoyage complet et de lancer un appel d'offres européen. DES BATEAUX-GRUES Celui-ci a été remporté par deux sociétés belges, Scaldis et Dredging international, spécialisées dans les travaux marins et équipées de bateaux-grues particulièrement puissants. L'un d'eux a été capable de pomper le mazout, de récupérer l'arrière du Foucauldet l'épave de La Repentie, la plus dangereuse pour la navigation, mais il s'est révélé insuffisant pour s'attaquer aux blocs de béton trouvés avec le Foucauld et au reste des épaves. Cette première phase du chantier, financée par l'Etat sur les fonds Polmar, a coûté 840 000 euros. La seconde phase, beaucoup plus lourde, nécessite l'engagement d'un bateau-grue, le Rambiz, capable de lever 1 500 tonnes. C'est lui qui a contribué au renflouement du ferry Herald-of-Free-Entreprise- qui avait coulé au large de Zeebruge, en Belgique, le 6 mars 1987, faisant 193 morts - ou à la mise en place des piles de béton du pont Vasco-de-Gama à Lisbonne. Les collectivités locales, la région, le département et les communes de l'île de Ré se sont associés à l'Etat, par le biais du contrat de Plan, pour cette deuxième phase de remise en valeur d'une des plus belles plages de l'île. C'est la seule, avec la conche des Baleines, sur laquelle on trouve du sable à marée basse. Les épaves étaient dangereuses pour toutes les formes de navigation, et les courants provoquaient souvent des fosses derrières elles. Le financement est acté, les élus pensent que tout sera terminé pour l'été. Pierre Cherruau • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 16.04.02
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